Dans un signal fort de solidarité et d’alignement stratégique, les ministres des Affaires étrangères du Mali, du Niger et du Burkina Faso entament ce mercredi une visite de quatre jours à Moscou sur invitation de leur homologue russe Sergueï Lavrov. Cette rencontre, baptisée « première session des consultations alliance des États du Sahel (AES) – Russie”, marque un tournant dans les relations entre la Russie et ces trois pays africains dirigés par des putschistes, soulignant un changement d’alliances majeur au cœur de l’Afrique.
Les pays du Sahel, devenus partenaires privilégiés de la Russie, affirmeront à Moscou que la sécurité reste leur priorité absolue. Selon des sources proches de la délégation, des responsables militaires et de sécurité des trois pays sont également présents, témoignant d’une volonté de renforcer la coopération en matière de défense et de lutte contre le terrorisme.
La Russie, via le groupe paramilitaire Wagner et désormais par des canaux de coopération plus directs, entend consolider ses liens avec le Mali, le Niger et le Burkina Faso, qui ont annoncé la mise en place d’une alliance de défense collective. Sergueï Lavrov devrait rassurer les juntes membres de l’AES, promettant un soutien accru dans leur lutte contre les groupes armés actifs dans la région.
De Nouvelles Perspectives Économiques et Diplomatiques
Au cours de cette visite, les questions économiques seront également au cœur des discussions. L’un des projets phares de l’alliance des États du Sahel (AES) est la création d’une banque régionale d’investissements, dont les débuts actuels sont modestes. Le partenariat avec Moscou, notamment en matière de financement et d’expertise, pourrait s’avérer crucial pour relancer ce projet.
Plus au-delà de l’économie, les deux parties pourraient définir un cadre commun pour dialoguer sur le plan international et exprimer une même voix sur des enjeux régionaux et mondiaux. Cette démarche pourrait se traduire par une coordination accrue dans les forums internationaux et une pression groupée face aux défis communs.
L’initiative de cette rencontre s’inscrit dans une stratégie russe visant à étendre son influence en Afrique, en particulier dans le Sahel, où des tensions sécuritaires et des mouvements rebelles restent persistants. Cette visite marque un pas important dans la diversification des partenaires de ces pays et pourrait redéfinir les alliances géopolitiques de la région.