Après quinze années d’investigations, l’enquête sur les « biens mal acquis » de la famille Bongo en France touche à sa fin. Le juge d’instruction financier a annoncé le 28 mars 2023 la clôture des investigations, laissant place à un éventuel procès. Cette affaire, qui a impliqué 24 mises en examen, dont plusieurs membres de la famille Bongo, soulève des questions cruciales sur la corruption et l’utilisation des fonds publics en Afrique.
L’affaire remonte à 2010, lorsque le Parquet national financier a ouvert une enquête sur les actifs immobiliers présumés frauduleusement acquis par la famille Bongo, qui a dirigé le Gabon pendant des décennies. Parmi les personnes mises en examen figurent onze enfants de la famille, ainsi que des entités comme BNP Paribas et d’autres personnalités, dont l’ex-miss France, Sonia Rolland.
Les accusations portent sur un patrimoine immobilier évalué à 85 millions d’euros, soupçonné d’avoir été financé par des fonds issus de la « Françafrique », un système de corruption qui a longtemps caractérisé les relations entre la France et ses anciennes colonies africaines. Environ 70 millions d’euros de biens ont été saisis, incluant des propriétés dans des quartiers prestigieux de Paris et sur la Côte d’Azur.
Les descendants de la famille Bongo ont contesté les accusations, arguant de leur ignorance quant à l’origine des fonds ou de leur jeune âge au moment des acquisitions. L’éventuel procès pourrait être influencé par le contexte politique actuel au Gabon, où le président Ali Bongo Ondimba a été renversé par un coup d’État en août 2023. Bien qu’il n’ait pas été mis en examen pour le moment, son immunité de chef d’État est remise en question.