Le capitaine Ibrahim Traoré, président de la transition au Burkina Faso, a signé un décret accordant une grâce amnistiante à 21 militaires condamnés pour leur implication dans le coup d’État manqué du 16 septembre 2015. Cette décision, qui fait suite à l’adoption d’une loi par l’assemblée législative de transition fin décembre 2024, marque un tournant significatif dans le processus de réconciliation nationale.
Les militaires concernés, dont six officiers de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle, avaient été condamnés pour des actes jugés contraires à la sureté de l’État. Parmi eux, le capitaine Oussène Zoumbri et le lieutenant Relwindé Compaoré, décoré pour ses missions au Mali, figurent en bonne place. La grâce leur permettra de retrouver leurs fonctions au sein des forces armées burkinabè, bien que leur réintégration ne s’accompagne d’aucune reconstitution de carrière ni d’indemnités, comme l’indique le décret.
Cette démarche s’inscrit dans un cadre plus large, celui de la loi adoptée par le parlement de transition, qui vise à amnistier environ soixante condamnés pour des faits similaires. En offrant la possibilité de demander une grâce, le gouvernement espère favoriser un climat de paix et de stabilité dans un pays qui a connu de nombreuses turbulences politiques ces dernières années.
Les réactions à cette décision sont mitigées. Certains voient en elle un geste positif en faveur de la réconciliation, tandis que d’autres s’interrogent sur les implications de la réintégration de militaires ayant pris part à une tentative de coup d’État. Pour le capitaine Traoré, cette grâce est une étape nécessaire pour promouvoir l’unité nationale et renforcer les institutions du pays.
Alors que le Burkina Faso continue de faire face à des défis sécuritaires et politiques, cette décision pourrait jouer un rôle clé dans la construction d’une paix durable.