Les prix explosent, les rayons vides, et les relations commerciales se tendront encore plus.

La pénurie d’œufs aux États-Unis s’aggrave, poussant le gouvernement à faire appel à l’aide internationale. L’épidémie de grippe aviaire, qui a décimé des dizaines de millions de volailles, entraîne une hausse vertigineuse des prix, passant de 2,5 à 4,95 dollars la douzaine en quelques mois. L’abattage massif a conduit à des rayonnages vides et des hausses de prix encore plus dramatiques dans certaines régions.

Cette crise alimentaire crée un contexte extrêmement tendu, notamment avec le Canada, premier partenaire commercial. Le prix moyen de la douzaine d’œufs aux États-Unis a grimpé de près de 65% entre décembre 2023 et janvier 2025. Depuis 2022, plus de 166 millions de volailles ont été abattues, et les chiffres inquiétants continuent d’augmenter, avec 19 millions de décès entre la fin janvier et la fin février 2025.

Face à cette urgence, des accords d’importation d’œufs ont été conclus avec la Turquie et la Corée du Sud. La ministre américaine de l’Agriculture, Brooke Rollins, espère que ces importations permettront de calmer la situation et de stabiliser les prix. « C’est suffisant pour aider à faire baisser les prix en attendant que notre population de poules soit reconstituée », a-t-elle déclaré. Cependant, cette solution rencontre des freins politiques et économiques.

L’augmentation des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium canadien, imposée par l’administration américaine en février dernier, inquiète les experts et les acteurs économiques, et a plongé la relation commerciale entre les deux pays dans une spirale de sanctions et de contre-sanctions. Ottawa répond par son propre arsenal de mesures protectionnistes. La crise actuelle met en lumière la vulnérabilité de la sécurité alimentaire américaine et l’interdépendance des économies américano-canadiennes.

Les experts regrettent la méconnaissance du public à propos des efforts internationaux. Les échanges bilatéraux, critiques en ces temps, semblent entraver l’efficacité des solutions. Une opaque gestion de l’information pourrait nuire à la confiance réciproque et compromettre le succès des initiatives de coopération mises en place pour répondre à la crise.

Le chaos perçu par les consommateurs ne s’est pas limité au simple constat d’une pénurie : une véritable kyrielle de vidéos parodiques circulant sur les réseaux sociaux, se moquant de l’ampleur du dilemme, témoigne de la frustration générale face à cette situation inédite.

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