Le Rwanda a rompu ses relations diplomatiques avec la Belgique, accusant les autorités belges d’avoir joué un rôle déterminant dans l’adoption par l’Union européenne de sanctions ciblées contre plusieurs personnalités et entités rwandaises. L’annonce, faite 24 heures après la rupture, vise la Belgique pour son implication présumée dans l’élaboration de la décision UE du 17 mars.

L’Union européenne a sanctionné neuf individus et une entité rwandaise, notamment trois hauts gradés militaires et des acteurs économiques, pour leur implication présumée dans le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Ces sanctions visent des exportations illégales de ressources naturelles congolaises, ainsi que des accusations de soutien aux rebelles du M23.

Pour le porte-parole adjoint du gouvernement rwandais, Alain Mukuralinda, la Belgique s’est « activement mise au service de la condamnation du Rwanda ». Il estime que Bruxelles a mis de côté les griefs historiques entre les deux pays, comme la sécurité au Rwanda. « La Belgique a pris partie, et c’est ce que lui reproche le Rwanda », a-t-il déclaré.

Ces sanctions, selon les autorités rwandaises, compromettent les négociations régionales en cours pour mettre fin au conflit. Annoncées le même jour qu’une rencontre conjointe de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE), elles ont eu pour conséquence immédiate l’annulation de la participation du M23 au dialogue sur la crise en RDC, prévu à Luanda le 18 mars.

« Ce genre d’initiatives qui conduisent à la rupture des discussions politiques est dommageable pour la résolution du conflit, » a ajouté Mukuralinda. Il met en garde contre la perspective de voir les combats perdurer si les acteurs impliqués ne peuvent pas dialoguer.

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